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Article MIS A JOUR LE SAMEDI 5 AVRIL 2008 en bas de page.
L’élection de seize délégués colmariens au sein de la CAC a donné lieu hier soir à de vifs échanges entre le groupe majoritaire et l’opposition qui demandait quatre postes.
Bien que persuadé que son recours en annulation déposé au tribunal administratif reste en travers de la gorge du maire sortant, Roland Wagner a tout de même demandé « légitimement » quatre postes sur seize, ne serait-ce que pour coller, selon lui, à la logique arithmétique de la représentativité électorale du groupe d’opposition au sein du conseil municipal (12 élus sur 49 élus, soit 25 %).
«Ouverture dans un but inamical»
Comme un seul homme, le groupe majoritaire a sorti l’artillerie lourde en répondant point par point aux arguments de l’opposition. Jacques Dreyfuss a été le plus véhément : « Vous nous demandez l’ouverture dans un but inamical. Si nous devions accepter votre demande, cela passerait par un accord. Nous sommes gentils mais pas maso ». L’opposition par la voix de Philippe Kalt, de Virginie Schneider, d’Olivier Zinck et de Brigitte Klinkert ne se laisse pas démonter, même si les coups sont durs. « La véritable ouverture est celle de l’esprit », intervient calmement Brigitte Klinkert qui insiste sur la nécessité de « représenter tous les Colmariens. En 2004, vous aviez offert un poste à l’opposition (N.D.L.R. : la radicale de gauche, Laëtitia Rabih) ; aujourd’hui, vous fermez la porte à l’opposition ». L’ouverture s’étant faite au sein même du groupe majoritaire, il n’y a donc pas de raison de s’ouvrir au groupe de Roland Wagner, répondent en chœur les amis de Gilbert Meyer.
«Donnez-nous la parole»
Et Odile Uhlrich-Mallet d’enfoncer le clou : « L’ouverture, vous ne l’avez pas pratiquée, j’en suis la preuve vivante ». Un « Vous avez des regrets ? », fuse du fond de la salle. « Laissez-nous deux ou trois postes », tente une dernière fois Virginie Schneider. Et encore : « Donnez-nous la parole au sein de la CAC », essaie Olivier Zinck.
Gérard Renis met son grain de sel : « La CAC compte 43 élus, Colmar est représentée à hauteur de 16 sièges. Demander un poste aurait été acceptable, quatre, c’est impossible. Sommes-nous des ingénus ? », s’interroge le conseiller sortant faisant allusion aux velléités du maire de Houssen de ravir la présidence aux Colmariens. Savourant son avantage, Gilbert Meyer prend alors la parole durant une bonne dizaine de minutes (lire ci-contre). Avant de conclure en se montrant moins inflexible : « Une ouverture est possible au-delà de celle déjà faite. Pour cela, il faut que nous soyons dans des eaux plus calmes. Si demain, nous pouvions travailler plus sereinement, alors oui, je ferais une proposition au conseil ».
En clair, soyez sage.
Roland Wagner avait demandé un isoloir pour l’élection des délégués à la CAC. Gilbert Meyer a joué au plus malin, poussant le bouchon jusqu’à choisir le scrutin uninominal.
Aujourd’hui encore, Gilbert Meyer doit bien rire du tour qu’il a joué à l’opposition, jeudi soir au conseil municipal. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le maire de Colmar a réussi son coup. Après un débat houleux autour de l’élection des délégués colmariens à la Communauté d’agglomération (notre édition d’hier), puis une suspension de séance, l’élection a bien failli durer des heures.