Une vieille affaire...pas très jolie. Quelques heures en Angola pour «solder un certain nombre de contentieux», comme le dit l’Elysée.
La visite express de Nicolas Sarkozy dans ce pays du sud de l’Afrique doit apaiser les relations diplomatiques minées par l’Angolagate. Le Président en profitera aussi pour signer quelques contrats. Décryptage.
Qu’est ce que l’Angolagate ? C’est une des grandes affaires politico-judiciaires des années 90. Un certain nombre de grands noms sont cités dans cette affaire qui trouvera son épilogue judiciaire lors d’un procès à Paris à l’automne: Charles Pasqua, Pierre Falcone, Jean-Christophe Mitterrand ou encore Jacques Attali. L’enquête porte sur un trafic d’armes de l’ex-URSS à destination de l’Angola pour un montant de 790 millions de dollars entre 1993 et 2000.
En 1993, le pays est en proie à une guerre civile entre le gouvernement marxiste d’Eduardo dos Santos (toujours au pouvoir aujourd’hui) et son opposition, l’Unita. Officiellement, la France joue la neutralité, mais en coulisses, c’est une autre histoire. Alors que Balladur est Premier ministre de cohabitation, le quai d’Orsay reçoit le chef de l’Unita, Jonas Savimbi, et Jean-Charles Marchiani, conseiller du ministère de l’Intérieur Charles Pasqua, discute avec Santos. Marchiani, qui avait négocié la libération des otages français au Liban,
aurait usé de son influence pour armer le gouvernement au pouvoir. Le scandale éclate en 2000 et les enquêteurs découvrent que des personnalités politiques de gauche (Jean-Christophe Mitterrand et Jacques Attali) comme de droite ont pu toucher de l’argent pour faire du lobbying.