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Magazine "Valeurs actuelles":PS La chute finale
Une seule certitude : jamais le PS,pas même à la veille du fameux congrès de Rennes (1990), n’avait connu pareille incertitude. Le résultat catastrophe de l’éparpillement des voix lors du vote des motions, la semaine dernière, ne venant qu’ajouter à la situation cataclysmique qu’il connaît aujourd’hui. Pronostic, cet été, d’Olivier Ferrand,président de Terra Nova, l’un des think tanks du PS : «L’autodestruction se rapproche. » On y est. « J’ai bien peur que ce congrès accouche d’un monstre », prédit Arnaud Montebourg. Le PS, en effet, n’est pas seulement «en fin de cycle » (Christophe Caresche) ou « gravement malade » (Benoît Hamon). «Ce qui est mort,diagnostique Manuel Valls, c’est ce parti socialiste, tel qu’il est organisé. »Et peut-être même le PS tout court… Saura-t-il ressusciter ? Rien n’est moins sûr.Entre ceux qui en appellent à «virer les malfaisants » (Peillon), ceux qui réclament de « tout remettre à zéro » (Dray), ceux qui veulent « changer le nom du parti » (Valls) et ceux qui ont déjà décidé de claquer la porte (Mélenchon et le député du Nord Marc Dolez), les chances d’une éventuelle “mutation”en douceur paraissent bien ténues.«Aimez-vous les uns les autres ou disparaissez ! », lançait Royal lors des universités d’été de La Rochelle. La seconde option est en passe de l’emporter. Pour dix raisons.
« Tu veux le fond de ma pensée ? Ni Royal, ni Delanoë, ni Hollande, ni Strauss-Kahn, ni Fabius, ni Aubry ne devraient être candidats à l’élection présidentielle. » Le propos est signé Manuel Valls (avant qu’il ne rejoigne la motion Royal !), dans son livre-entretien, Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche (Robert Laffont). Le député-maire d’Évry (Essonne) ne fait que dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Car depuis Mitterrand et Jospin (avec quel résultat pour ce dernier…), voire Rocard (“tué”par le premier), le PS ne dispose plus de l’essentiel : un chef incontesté, capable d’incarner le parti, mais aussi, et peut-être surtout, d’y imposer la discipline.
Toujours selon Valls, « les différences entre socialistes étaient bien plus importantes il y a vingt ou trente ans. Entre un Delors et un Joxe, entre un Rocard et un Chevènement, c’était bien plus profond qu’entre Emmanuelli et Moscovici ! Pourtant, tous ces gens se retrouvaient dans le mouvement ». « Personne, dans notre génération ne s’est imposé », confirme Aubry. Hollande ne s’y est pas trompé, qui réclame pour son successeur une qualité qu’il n’a jamais eue : « l’autorité ». « Il ne faut pas simplement être le premier, dit-il, il faut être le meilleur.» Problème : faute de vrai leader, tous les présidentiables (ou aspirant à l’être) sont convaincus d’être celui-là. Ce n’est pas un monarque qui sera couronné à Reims, mais un simple prétendant. Entouré de régicides…