En évoquant avec lui le terme du feuilleton judiciaire qui l'aura opposé au Crédit Lyonnais, je découvre un Bernard Tapie philosophe. "Quatorze ans, cela aura duré quatorze ans... J'avais 49 ans, je venais de gagner la Coupe d'Europe peu avant, j'avais été ministre..."
Quoi que l'on pense de Bernard Tapie, et puisque la justice a dit cette fois, apparemment, son dernier mot, il faut réfléchir à la machine kafkaïenne qui s'est déclenchée contre lui. Le Crédit Lyonnais a réalisé des profits au détriment de son client Tapie, l'Etat a tout mis en oeuvre pour que le citoyen Tapie ne rentre pas dans son droit. Au bout du compte, il demeure un sentiment de malaise. D'un côté, la justice, si souvent critiquée, et parfois à juste titre, a fait valoir l'état de droit. D'un autre côté, que pouvoirs politique et économique se soient ligués pour tenter d'entraver cette marche judiciaire glace le sang... Le Léviathan est toujours vivant. Pour un Tapie coriace et inépuisable, combien de citoyens broyés?